Guide de phonétique corrective

La liaison et l'enchaînement

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La liaison et  l'enchaînement

Il existe en français, une tendance à relier les mots qui se trouvent à l'intérieur d'un même groupe rythmique. Cela se manifeste de trois façons précises: a) l'élision, qu'on examine ici; b) l'enchaînement et c) la liaison.

L'enchaînement

Pour bien comprendre ce qu'on appelle l'enchaînement ("linking"), considérons le groupe de mots suivant: ma petite amie [maptitami] . On définit l'enchaînement comme "l'insertion d'une consonne finale prononcée (comme le /t/ de petite) dans la première syllabe d'un mot qui commence par une voyelle" (comme le /a/ de amie). La division syllabique de ma petite amie serait donc: [ma-pti-ta-mi] . On voit ici que la troisième syllabe du groupe (-ta-) commence par la dernière consonne du mot petite, suivie du /a/ de amie. Autrement dit, à l'intérieur d'un groupe rythmique, les consonnes se placent dans les syllabes selon les mêmes règles qu'on applique aux mots individuels. C'est ce qu'on appelle "enchaînement".

Notez que, bien que fréquent en français, l'enchaînement est très rare en anglais. Par exemple, en anglais on dit a big apple  et non PAS a bi gapple

L'absence d'enchaînement en anglais est aussi évidente dans le contraste suivant:

a) a nice statue

b) an ice statue

Vu que l'enchaînement n'est pas typique de l'anglais, on peut entendre la différence entre ces deux groupes de mots. Autrement dit, le "n" de an dans b) ne se prononce pas comme s'il faisait partie du mot suivant (ice). Si l'enchaînement s'employait en anglais, on ne pourrait pas entendre la différence entre a) et b)!

Lorsque vous parlez français, faites attention d'enchaîner les mots là où le contexte le necessite (c'est-à-dire lorsqu'une consonne finale prononcée est suivie d'une voyelle à l'intérieur d'un même groupe rythmique.

La liaison

La liaison implique l'enchaînement, mais il y a une petite différence. En principe, la liaison est:

"la prononciation d'une consonne finale (lettre) muette devant un mot qui commence par une voyelle.".

Par exemple, le "s" du pronom Ils est muet si on prononce ce mot tout seul Ils [il] ou si c'est suivi d'une consonne (par ex.: ils parlent = [ilpaʁl] . Toutefois, si le mot suivant commence par une voyelle, comme dans ils ont, [ilzõ] le "s" représente la consonne /z/. C'est ça la liaison! Et, comme on vient de le dire, la liaison implique l'enchaînement, alors la division syllabique de [ilzõ] serait [il-zõ].

Le défi auquel vous devez faire face est que ce n'est pas toutes les consonnes finales "muettes" qui se prononcent devant une voyelle. En fait, trois scénarios sont possibles: a) les cas où la liaison est obligatoire; b) les cas où la liaison est impossible; et c) les cas où la liaison est facultative. Commençons par la première catégorie.

La liaison obligatoire

La liaison est obligatoire lorsqu'il existe un lien très fort entre les deux mots en cause (donc toujours à l'intérieur d'un groupe rythmique). Voici les sous-types principaux:

 

a) déterminant + nom ou adjectif: les_enfants [lezãfã]  , nos_élèves [nozelɛv] , les_anciens combattants [lezãsjɛ̃kõbatã] .

b) pronom + verbe: ils_aiment [ilzɛm] , Marie les_aime, [maʁilezɛm] . Notez que cela vaut aussi pour les sujets invertis,  par ex.: Peut-il venir? [pøtilvəniʁ] .

c) adjectif + nom: petit_enfant [pətitãfã]

d) adverbe monosyllabique + adjectif, par ex.: très_intéressant [tʁɛzɛ̃teʁesã] .

e) préposition + nom: en_Europe nøʁɔp] , chez_eux [ʃezø] (par contre, on ne fait pas la liaison si chez est suivi d'un nom propre, par ex.: chez Anneean] ).

 

La liaison impossible

La liaison ne se fait pas entre des mots qui appartiennent à deux groupes rythmiques différents (vous pouvez revoir les règles pour diviser les mots en groupes rythmiques ici). Les sous-types principaux sont:

 

a) les mots reliés par et ou mais, par ex.: Elle semble gentille et / intelligente; Paul s'amusait, mais / il a dû partir.

b) entre un sujet non-pronominal et un verbe: par ex.: Les enfants / arrivent.

c) entre un nom singulier et un adjectif suivant , par ex.: un cas / intéressant; un enfant / écossais.

d) après quand "interrogatif", par ex.: Quand / est-il parti? 

 

Notez, par contre, qu'il y a  liaison entre quand et est-ce que, par ex.: Quan*d*_est-ce qu'il vient? Ici, le "d" de liaison se prononce /t/.

La liaison facultative

Dans certains contextes, la liaison est possible, mais n'est pas obligatoire. Lorsqu'on fait la liaison dans un contexte où c'est facultatif, cela indique probablement que la situation dans laquelle se trouve le locuteur est assez formelle. Voici les contextes principaux de la liaison facultative:

 

a) après les verbes avoir et être, par ex.: Ils l'ont(_)aimé [ilõ(t)eme], je suis intelligent [ʒəsɥi(z)ɛ̃teliʒã].

b) un nom pluriel + adjectif, par ex.: des_amis(_)intimes [dezami(z)ɛ̃tim], des gens intéressants [deʒã(z)ɛ̃teʁesã].

c) après les verbes pouvoir, vouloir, aller et devoir, par ex.: elle peut(_)aider [ɛlpø(t)ede], je vais insister [ʒəvɛ(z)ɛ̃siste].

d) après un adverbe polysyllabique, par ex.: beaucoup(_)à faire [boku(p)afɛʁ].

 

Notez que parmi les cas de liaison facultative, certains contextes sont plus probables que d'autres, par ex.: a) ci-dessus est bien plus probable que d). Les cas qui impliquent le verbe être à la troisième personne, par ex.: Il est ici [ilɛtisi] sont en fait très fréquents, même si la plupart des livres de référence continuent à les décrire comme étant "facultatifs".

 

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• La liaison se fait seulement devant voyelle.

• Il n'y a jamais de liaison devant les mots qui commencent par "h-aspiré", par ex.: les hiboux [leibu].

• La liaison ne se trouve jamais après le mot et.

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